Enquête informatique : preuves numériques, métadonnées et récupération de fichiers
Pacta propose des services de conseil en cybercriminalité, d'analyse informatique et d'assistance technique pour comprendre les incidents numériques, préserver les données et documenter les éléments utiles aux particuliers et aux entreprises.
Enquête informatique et preuve numérique : comprendre les méthodes d'analyse
Pour mieux comprendre l'articulation entre les besoins des entreprises, la cybersécurité et les méthodes de recherche technique, consultez notre dossier Conseil en stratégie et enquête informatique, consacré à la prévention des risques et à l'organisation des interventions.
Les entreprises confrontées à une divulgation d'informations sensibles peuvent également consulter notre présentation du Vol de données, qui aborde les risques de compromission, la sécurité des fichiers et les précautions à prendre après un incident.
Une enquête informatique consiste à examiner des éléments numériques pour comprendre un événement, documenter une anomalie ou rechercher des informations techniques susceptibles d'éclairer une situation. Elle peut porter sur un ordinateur, un disque dur, un smartphone, un serveur, une application ou un ensemble de fichiers.
Les particuliers comme les professionnels peuvent être confrontés à des données supprimées, des documents corrompus, des comptes compromis ou des modifications de fichiers dont ils ne connaissent pas l'origine. Les investigations techniques reposent alors sur des méthodes adaptées à la nature du support et aux informations encore disponibles.
Pourquoi les investigations informatiques demandent-elles une méthode ?
Un fichier informatique ne contient pas nécessairement toutes les informations permettant de comprendre son histoire. Certains renseignements sont enregistrés par le système d'exploitation, par le logiciel ayant créé le document ou par les services utilisés pour le conserver.
Une analyse doit distinguer le contenu du document, ses métadonnées, son environnement de stockage et les événements enregistrés par les applications. Ces différentes sources peuvent fournir des indications complémentaires, mais aussi présenter des incohérences.
L'objectif est de comprendre ce qui peut être établi techniquement, ce qui demeure incertain et ce qui nécessiterait des vérifications supplémentaires.
Assistance informatique et expertise judiciaire
L'expertise judiciaire en informatique peut intervenir dans des procédures nécessitant l'avis d'un spécialiste sur des questions techniques. Elle est réalisée dans le cadre défini par la juridiction et selon les règles applicables à la mission d'expertise.
Une assistance informatique privée constitue une prestation distincte. Elle peut comprendre l'analyse de fichiers, la préparation d'une documentation technique, la vérification de métadonnées ou le développement d'outils de traitement.
Un rapport établi dans le cadre d'une assistance privée ne devient pas automatiquement une expertise judiciaire. La méthode utilisée, les conditions de collecte, le respect du contradictoire lorsque celui-ci s'applique et l'appréciation de la juridiction peuvent influencer sa portée dans une procédure.
Les compétences d'un consultant en cybercriminalité
Le consultant en cybercriminalité peut aider à comprendre le fonctionnement d'un système, identifier des problèmes de sécurité et proposer des méthodes de conservation des informations numériques.
Les compétences utiles comprennent notamment les systèmes d'exploitation, la programmation, les réseaux, les formats de fichiers, les bases de données, la cybersécurité et les méthodes d'analyse documentaire.
Pacta Cyber Lab propose des prestations informatiques, des outils numériques, de la formation et des solutions d'automatisation. Les recherches nominatives relevant de la profession réglementée de détective privé constituent une activité distincte.
Métadonnées : retrouver des informations au-delà du contenu d'un fichier
Les métadonnées sont des informations décrivant un fichier, un document, une image ou une ressource numérique. Elles peuvent renseigner sur son format, sa taille, certaines dates, les logiciels utilisés ou les caractéristiques de son environnement.
Leur analyse peut être utile lorsque le contenu d'un fichier ne suffit pas à comprendre les circonstances de sa création, de sa modification ou de sa conservation.
Quelles métadonnées peut-on retrouver ?
Selon le type de fichier et les systèmes utilisés, les métadonnées peuvent comprendre :
- Le nom et l'extension du fichier.
- Sa taille et son format informatique.
- Les dates enregistrées de création, modification ou accès.
- Le logiciel associé à sa création ou à son traitement.
- Des propriétés internes propres aux documents bureautiques.
- Des informations EXIF contenues dans certaines photographies.
- Des données de localisation lorsqu'elles ont été enregistrées.
- Des identifiants techniques propres à certains systèmes de fichiers.
Toutes ces informations ne sont pas présentes dans chaque document. Certaines peuvent également être supprimées, modifiées ou remplacées lors d'une conversion ou d'un transfert.
Différence entre les métadonnées internes et celles du système
Les métadonnées internes sont enregistrées dans la structure du fichier lui-même. Une photographie peut, par exemple, contenir des informations sur l'appareil utilisé et les paramètres de prise de vue.
Les métadonnées du système de fichiers sont gérées par le système d'exploitation ou le support de stockage. Elles peuvent inclure le nom du fichier, son emplacement, certains attributs et les horodatages associés.
Copier un fichier vers un autre support peut modifier certaines dates du système tout en laissant inchangées des métadonnées internes. L'analyse doit donc tenir compte du parcours du document.
Pourquoi une date de fichier peut-elle être trompeuse ?
La date de création affichée par un ordinateur ne correspond pas toujours à la création initiale du document. Elle peut notamment indiquer la date à laquelle une copie a été produite sur un volume particulier.
Une restauration de sauvegarde, une extraction d'archive, une synchronisation cloud ou une manipulation logicielle peuvent également modifier certains horodatages.
La présence d'une date dans une propriété informatique ne permet donc pas, à elle seule, d'établir qu'une personne a créé ou modifié un document à cet instant précis.
Analyse des métadonnées d'une photographie
Une photographie numérique peut contenir des informations sur l'appareil, la résolution, le format, la date enregistrée ou, dans certains cas, des coordonnées géographiques.
Ces indications peuvent faciliter l'analyse technique d'une image et la compréhension de ses transformations. Leur absence ne prouve pas une falsification, car de nombreuses applications effacent automatiquement certaines métadonnées lors de la publication.
Les métadonnées comme point de départ d'une analyse
Une métadonnée peut orienter vers une autre source d'information : un format particulier peut révéler le logiciel utilisé, un identifiant de document peut faciliter un rapprochement et une date peut être comparée à un historique de sauvegarde.
Les recoupements permettent d'élaborer des hypothèses techniques qu'il faudra ensuite vérifier. Ils ne constituent pas automatiquement une démonstration de l'origine d'un fichier.
Chaîne de conservation et traçabilité des preuves numériques
Les informations numériques peuvent être modifiées facilement, parfois sans que les changements soient immédiatement visibles. Leur conservation nécessite donc une méthodologie permettant de documenter les opérations et de limiter les altérations.
L'expression anglaise chain of custody désigne la chaîne de conservation et de traçabilité d'un élément susceptible d'être utilisé comme preuve. Elle est complémentaire du rapport d'analyse technique.
Qu'est-ce qu'une chaîne de conservation ?
La chaîne de conservation permet de retracer les conditions dans lesquelles un support ou un fichier a été recueilli, copié, transporté, conservé et examiné.
Elle peut préciser l'identité des intervenants autorisés, les dates des opérations, les matériels utilisés, les lieux de conservation et les transferts effectués.
Cette documentation contribue à démontrer la continuité de la prise en charge d'un élément numérique. Elle ne garantit pas à elle seule que l'information initiale était authentique ou exacte.
Pourquoi enregistrer chaque opération ?
Un rapport d'investigation informatique peut présenter la méthode employée, les outils utilisés, les résultats obtenus et les limites de l'analyse.
La documentation peut notamment comprendre :
- La description du support et de son état initial.
- Les autorisations et le périmètre de l'intervention.
- La date et les conditions de collecte.
- Les logiciels et leurs versions.
- Les opérations de copie ou d'acquisition.
- Les empreintes cryptographiques calculées.
- Les manipulations réalisées sur les copies de travail.
- Les anomalies observées et les réserves techniques.
- Les conditions de restitution et d'archivage.
Utilisation d'une empreinte SHA-256
Une empreinte SHA-256 est une valeur calculée à partir du contenu d'un fichier. Elle permet de comparer deux exemplaires et de contrôler si leurs contenus sont identiques.
Lorsqu'un fichier est copié, une comparaison des empreintes peut contribuer à vérifier que son contenu n'a pas changé pendant l'opération.
Cette technique ne prouve cependant ni l'identité du créateur, ni la date réelle de production, ni la véracité du document. Elle doit être associée à une procédure de conservation cohérente.
Pourquoi travailler sur une copie plutôt que sur l'original ?
Dans certaines analyses, l'accès direct au système peut produire de nouvelles écritures ou modifier les journaux et les dates associées aux fichiers.
Lorsque les circonstances le permettent, une acquisition adaptée du support permet de travailler sur une copie et de limiter les modifications de l'original. Les méthodes d'acquisition doivent être choisies selon le matériel, les contraintes techniques et le cadre légal.
Rapport d'investigation et limites de la démonstration
Un rapport sérieux doit séparer les faits techniques constatés, les interprétations et les hypothèses. Il doit également mentionner les informations qui n'ont pas pu être vérifiées.
Une chaîne de conservation correctement documentée renforce la traçabilité d'un fichier, mais ne rend pas une preuve irréfutable. Sa portée doit toujours être appréciée en fonction du dossier.
Ordinateur compromis : les traces numériques peuvent provenir d'un tiers
La découverte d'un fichier ou d'une activité suspecte sur un ordinateur ne suffit pas à déterminer qui a réalisé l'opération. Un équipement peut avoir été utilisé directement, partagé entre plusieurs utilisateurs ou compromis à distance.
Cette distinction est importante dans les litiges informatiques, car la présence d'une trace technique ne permet pas nécessairement d'attribuer un comportement à son propriétaire.
Qu'est-ce qu'un ordinateur compromis ?
Un ordinateur est considéré comme compromis lorsqu'un tiers non autorisé a obtenu un accès, un contrôle ou des capacités d'action sur le système.
La compromission peut résulter d'un logiciel malveillant, d'un mot de passe dérobé, d'une application vulnérable ou de l'exploitation d'un service d'accès distant.
Selon les privilèges obtenus, un tiers peut être en mesure de consulter des fichiers, de modifier des configurations, de télécharger des documents ou d'exécuter des programmes.
Les risques liés aux logiciels d'accès à distance
Les applications de prise en main à distance sont utilisées légitimement pour l'assistance et l'administration informatique. Elles peuvent toutefois être détournées lorsqu'un attaquant obtient les identifiants nécessaires ou persuade une victime de lui accorder un accès.
L'existence d'un outil d'administration à distance n'est pas en elle-même la preuve d'une intrusion. Il faut notamment examiner les autorisations, les conditions d'installation et les événements disponibles.
Peut-on attribuer une opération au propriétaire d'un ordinateur ?
Un fichier présent sur un poste de travail peut avoir été téléchargé par son utilisateur, créé par un logiciel, synchronisé depuis un service distant ou introduit lors d'une compromission.
L'analyse de l'historique, des comptes, des processus et des journaux disponibles peut apporter des indications supplémentaires. Elle ne permet pas toujours d'établir avec certitude la personne à l'origine de l'action.
Les conséquences d'une compromission dans un litige
Dans une procédure, la défense ou la contestation d'une interprétation technique peut nécessiter l'examen des hypothèses alternatives, notamment celle d'un accès non autorisé au système.
Le consultant informatique peut expliquer ces mécanismes et contribuer à documenter les caractéristiques techniques du poste concerné. Il ne se substitue pas à l'expert judiciaire ou à l'appréciation du juge.
Dossiers supprimés, fichiers corrompus et données perdues
La disparition d'un fichier peut résulter d'une suppression accidentelle, d'un incident logiciel, d'une erreur de manipulation, d'une défaillance matérielle ou d'un acte malveillant.
Les possibilités de récupération varient selon la nature du support, le système de fichiers, les sauvegardes disponibles et les opérations effectuées depuis la disparition des données.
Récupérer un fichier effacé accidentellement
Lorsqu'un fichier est supprimé, son contenu n'est pas nécessairement immédiatement effacé de tous les espaces de stockage. Selon le système et le support, certaines informations peuvent rester accessibles temporairement.
Toutefois, de nouvelles écritures, les mécanismes de nettoyage ou les fonctions internes du support peuvent rendre les données définitivement indisponibles.
Dès la découverte d'une suppression importante, il est préférable de limiter l'utilisation du support et d'éviter d'y installer un logiciel de récupération.
Corbeille, sauvegardes et historique des versions
Avant d'envisager une récupération complexe, plusieurs ressources peuvent être examinées : la corbeille du système, les sauvegardes locales, les archives externes, les instantanés et les historiques de versions des plateformes de stockage.
Les services cloud peuvent conserver temporairement des fichiers supprimés ou des versions précédentes, selon les paramètres du compte et du service utilisé.
Une récupération à partir d'une sauvegarde doit être réalisée en tenant compte des données créées ou modifiées depuis la date de cette sauvegarde.
Récupération d'objets supprimés
L'expression « objet supprimé » peut désigner autre chose qu'un fichier classique. Elle peut concerner un message électronique, un enregistrement de base de données, une entrée d'annuaire, un dossier partagé ou un élément présent dans une application.
La méthode de récupération dépend du système. Certaines applications proposent une restauration depuis leurs journaux ou leurs sauvegardes, tandis que d'autres ne disposent d'aucun mécanisme permettant de retrouver l'objet supprimé.
Récupération des documents corrompus
Un fichier corrompu peut être partiellement lisible, présenter des erreurs de structure ou devenir totalement inaccessible.
Certaines opérations techniques permettent de récupérer une partie du contenu, d'extraire des éléments encore exploitables ou de reconstruire une structure endommagée.
La réussite dépend du format, de l'importance des dommages et de la disponibilité d'une version de référence. Une récupération complète ne peut être garantie.
Suppression sur disque dur et sur SSD
Les disques durs magnétiques et les supports SSD utilisent des technologies de stockage différentes. Les procédures de récupération ne sont donc pas nécessairement identiques.
Sur un SSD, les mécanismes comme TRIM et la gestion interne des cellules mémoire peuvent rendre certaines données supprimées impossibles à restaurer.
Sur un disque dur magnétique, la réutilisation des espaces libres peut également écraser les informations recherchées.
Les limites de la récupération
Le chiffrement, l'effacement sécurisé, les dommages matériels et l'écrasement des données peuvent empêcher toute récupération.
Avant d'engager des opérations coûteuses, un diagnostic doit permettre d'évaluer les possibilités techniques et les risques d'aggravation de la situation.
Récupération matérielle : disques durs endommagés et intervention en salle blanche
Les incidents de stockage ne résultent pas toujours d'une suppression informatique. Un disque dur peut subir une panne électronique, mécanique ou une dégradation physique.
Lorsque le support lui-même est endommagé, les logiciels ordinaires de récupération peuvent être insuffisants ou inadaptés à la situation.
Reconnaître une défaillance matérielle
Un disque qui n'est plus reconnu, qui présente des erreurs de lecture répétées ou qui émet des bruits mécaniques inhabituels peut nécessiter une intervention spécialisée.
La multiplication des tentatives de lecture peut parfois aggraver les dommages ou réduire les possibilités de récupération ultérieure.
Le rôle des têtes de lecture
Sur un disque dur magnétique, les têtes de lecture permettent d'accéder aux informations enregistrées sur les plateaux.
Une défaillance de ces composants peut empêcher l'accès aux données, même si les fichiers restent physiquement présents sur le support.
Pourquoi utiliser une salle blanche ?
Certaines interventions mécaniques nécessitent l'ouverture du disque dur. Cette opération doit être réalisée dans un environnement maîtrisé afin de limiter les risques de contamination des plateaux.
Des laboratoires spécialisés peuvent, lorsque le diagnostic le justifie, procéder au remplacement de composants mécaniques dans des conditions adaptées.
Il ne s'agit pas d'une opération de maintenance informatique ordinaire. L'ouverture d'un disque dur dans un environnement inadapté peut aggraver les dommages.
Différence entre récupération logique et récupération physique
Une récupération logique intervient lorsque le support fonctionne encore et que la difficulté concerne principalement les fichiers, les partitions ou le système de fichiers.
Une récupération physique nécessite une intervention spécialisée sur le matériel lorsque celui-ci ne permet plus un accès normal aux informations.
Dans un dossier contentieux, les opérations doivent être documentées pour distinguer les données originales, les copies techniques et les fichiers éventuellement reconstruits.
Historique des fichiers et reconstitution des activités informatiques
Les systèmes informatiques peuvent enregistrer différentes informations relatives aux fichiers, aux applications et aux opérations réalisées.
Leur étude peut contribuer à établir une chronologie technique, sous réserve de la disponibilité et de la fiabilité des traces conservées.
Historique de création, modification et suppression
Les systèmes de fichiers peuvent conserver certains renseignements sur la création, la modification, le déplacement ou la suppression de fichiers.
D'autres informations peuvent être présentes dans les journaux du système d'exploitation, les logiciels de sauvegarde ou les applications de synchronisation.
Les possibilités d'analyse dépendent notamment du système de fichiers, de sa configuration et des mécanismes de journalisation activés.
Reconstituer une chronologie d'événements
Une chronologie technique peut rassembler les horodatages issus de plusieurs sources : fichiers, journaux, messages, sauvegardes et applications.
Les différences de fuseau horaire, les horloges mal réglées et les opérations de synchronisation doivent être prises en considération.
Un rapprochement entre plusieurs événements peut renforcer une hypothèse, mais ne permet pas automatiquement d'attribuer chaque opération à une personne identifiée.
Historique des pages web visitées
Les navigateurs peuvent conserver des historiques de navigation, des informations de cache, des téléchargements et différentes données de session.
Ces ressources peuvent aider à comprendre certaines interactions avec des sites internet, lorsque leur consultation est autorisée.
L'absence d'une page dans l'historique ne signifie pas nécessairement qu'elle n'a jamais été consultée. Les mécanismes d'effacement, les paramètres de confidentialité et les différents appareils utilisés peuvent limiter les informations disponibles.
Téléchargements et fichiers temporaires
Les systèmes et les applications créent parfois des fichiers temporaires lors d'un téléchargement, d'une extraction d'archive ou de l'ouverture d'un document.
Ces éléments peuvent aider à comprendre un événement informatique, mais leur présence dépend du fonctionnement des logiciels et des procédures de nettoyage.
Historique et respect de la vie privée
L'historique de navigation et les données d'utilisation d'un ordinateur peuvent révéler des informations personnelles.
Leur consultation doit disposer d'une justification légitime et respecter les droits des utilisateurs. Un employeur ou un consultant ne peut pas considérer ces informations comme librement accessibles du seul fait que l'appareil appartient à une entreprise.
Preuve électronique et droit français : les principales références juridiques
Le développement des technologies numériques a modifié les supports sur lesquels les informations et les actes juridiques peuvent être enregistrés.
Les courriers électroniques, les documents signés électroniquement, les contrats dématérialisés et les données conservées dans les systèmes informatiques peuvent présenter un intérêt juridique.
Leur portée dépend néanmoins des règles de preuve applicables et des conditions dans lesquelles ils ont été établis et conservés.
Article 1100-1 du Code civil : définition des actes juridiques
L'article 1100-1 du Code civil définit les actes juridiques comme des manifestations de volonté destinées à produire des effets de droit.
Il précise que ces actes peuvent être conventionnels ou unilatéraux et qu'ils sont soumis, dans les conditions prévues par le texte, aux règles gouvernant les contrats.
Intérêt pour l'informatique : cette disposition constitue une référence générale pour comprendre la nature des actes juridiques, y compris lorsque des moyens électroniques sont utilisés pour les établir.
Article 1366 du Code civil : force probante de l'écrit électronique
L'article 1366 du Code civil prévoit que l'écrit électronique possède la même force probante que l'écrit sur support papier, sous réserve des conditions relatives à l'identification de son auteur et à la garantie de son intégrité.
Intérêt pour la preuve numérique : ce texte reconnaît la valeur de l'écrit électronique, mais ne signifie pas que tout fichier informatique constitue automatiquement une preuve suffisante.
Les conditions de création, de conservation et d'attribution du document doivent être examinées.
Article 1367 du Code civil : signature électronique
L'article 1367 du Code civil concerne la signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique et les conditions d'utilisation de la signature électronique.
La signature électronique repose sur un procédé fiable d'identification garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache.
Intérêt pour la cybersécurité : la protection des moyens de signature, des identifiants et des documents participe à la sécurité des échanges contractuels.
Article R143-6 du Code rural et de la pêche maritime
L'article R143-6 du Code rural et de la pêche maritime concerne les modalités de notification d'une décision de préemption prise par une société d'aménagement foncier et d'établissement rural.
Le texte prévoit notamment la possibilité de notifier la décision au notaire concerné sous forme électronique, dans les conditions prévues par les articles 1366 et 1367 du Code civil.
Intérêt documentaire : cet article constitue un exemple sectoriel d'utilisation des communications électroniques dans une procédure juridiquement encadrée.
Il ne définit cependant pas les règles générales de recevabilité des preuves informatiques. Son objet principal demeure la procédure de préemption foncière.
Article 145 du Code de procédure civile : conserver ou établir une preuve avant procès
L'article 145 du Code de procédure civile prévoit la possibilité de demander au juge, lorsqu'il existe un motif légitime, des mesures d'instruction légalement admissibles afin de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige.
Selon les conditions prévues par le texte, ces mesures peuvent être demandées sur requête ou en référé.
Intérêt pour les litiges informatiques : cette disposition peut présenter un intérêt lorsqu'une entreprise souhaite préserver certains éléments avant une procédure judiciaire.
Elle ne permet pas à un particulier ou à un consultant d'accéder librement aux fichiers et équipements d'un tiers.
Article 495 du Code de procédure civile : ordonnance sur requête
L'article 495 du Code de procédure civile précise notamment que l'ordonnance sur requête doit être motivée et qu'une copie de la requête et de l'ordonnance est laissée à la personne à laquelle elle est opposée.
Ces dispositions sont importantes pour comprendre les garanties procédurales accompagnant certaines mesures d'instruction.
Depuis le 1er octobre 2026, l'article 495 prévoit également que l'ordonnance prononcée sur le fondement de l'article 145 doit, en principe, être exécutée dans les trois mois suivant sa date, sauf délai différent fixé par le juge, sous peine de caducité.
Intérêt pratique : lorsqu'une mesure judiciaire concerne des documents ou des systèmes informatiques, les conditions de notification, d'exécution et de conservation doivent être respectées.
Différence entre document technique et preuve judiciaire
Un rapport informatique peut aider à comprendre des faits et à documenter les opérations réalisées.
Il ne remplace ni une décision judiciaire, ni un constat établi par un commissaire de justice dans le cadre de ses attributions, ni une expertise ordonnée par une juridiction.
L'avocat peut orienter les démarches et déterminer les mesures appropriées selon la nature du litige.
Enquêtes informatiques et fraudes aux cryptomonnaies
Les escroqueries numériques peuvent également concerner les actifs numériques, les portefeuilles de cryptomonnaies et les plateformes de transactions.
Les mécanismes de fraude peuvent notamment impliquer de fausses plateformes d'investissement, des tentatives de phishing, des usurpations de services ou la compromission d'identifiants.
Qu'est-ce que Bitcoin Cash ?
Bitcoin Cash est une cryptomonnaie issue d'une scission du réseau Bitcoin intervenue le 1er août 2017.
Son abréviation est BCH, tandis que Bitcoin est généralement identifié par le symbole BTC.
Il s'agit de deux réseaux distincts, reposant sur des registres de transactions séparés.
Comprendre les informations d'une blockchain
Certaines blockchains permettent de consulter publiquement des transactions, des adresses, des montants et des informations associées aux blocs.
L'analyse de ces données peut contribuer à comprendre le fonctionnement d'une transaction ou à documenter un transfert.
Toutefois, une adresse de cryptomonnaie ne révèle pas automatiquement l'identité civile de son utilisateur.
Préserver les informations après une escroquerie
Une victime peut conserver les références de transaction, les messages reçus, les captures des interfaces et les documents transmis par la plateforme concernée.
Les clés privées, phrases de récupération et mots de passe ne doivent pas être communiqués à un tiers non autorisé.
Les démarches de signalement et de plainte relèvent des autorités compétentes.
Les limites des recherches informatiques sur les cryptomonnaies
L'observation de transactions publiques ne permet pas systématiquement de déterminer leur finalité économique ou l'identité des personnes concernées.
Les services de conservation, les plateformes et les mécanismes techniques peuvent compliquer les interprétations.
Une assistance technique peut expliquer les caractéristiques d'un réseau et aider à documenter des informations accessibles légalement, sans conduire d'enquête nominative.
Formation en informatique, métiers du web et sensibilisation aux enquêtes numériques
La compréhension des preuves numériques repose sur des compétences techniques qui peuvent être acquises progressivement.
Les particuliers, les professionnels et les étudiants peuvent se former aux mécanismes des systèmes informatiques, aux formats de fichiers et aux méthodes de protection des informations.
Les compétences utiles aux métiers du web
Les métiers du web mobilisent différentes connaissances : HTML, CSS, JavaScript, programmation serveur, bases de données, sécurité des applications et administration des systèmes.
Une connaissance des protocoles réseau et des outils de diagnostic peut également faciliter la compréhension des incidents informatiques.
Le métier de consultant en maîtrise d'ouvrage
Le consultant en maîtrise d'ouvrage, souvent désigné par le sigle MOA, intervient notamment dans la définition des besoins et l'organisation des projets informatiques.
Ses missions peuvent comprendre la rédaction d'expressions de besoin, la coordination avec les équipes de réalisation, la préparation des recettes fonctionnelles et l'accompagnement des utilisateurs.
Les parcours de formation et les rémunérations varient selon les responsabilités, l'expérience et les secteurs. Ils doivent être distingués des compétences propres aux spécialistes de l'analyse de preuves numériques.
Se former aux méthodes de documentation numérique
Une initiation peut comprendre l'analyse des métadonnées, la compréhension des systèmes de fichiers, la comparaison de documents et le calcul d'empreintes SHA-256.
Elle peut également présenter les méthodes d'archivage, les principes de traçabilité et les limites de l'attribution des actions informatiques.
Formation à domicile et outils locaux
Certaines connaissances peuvent être acquises depuis un ordinateur personnel au moyen de logiciels pédagogiques et de jeux de données de test.
L'utilisation d'un environnement local ou isolé permet d'expérimenter sans intervenir sur les équipements d'un tiers.
Les exercices doivent être réalisés sur des ressources dont l'utilisation est autorisée.
Sensibiliser les professionnels aux risques de cybercriminalité
La formation peut également concerner les responsables d'entreprise, les personnels administratifs et les utilisateurs de services numériques.
Les thèmes peuvent porter sur le phishing, les sauvegardes, la sécurité des mots de passe, les logiciels malveillants et les précautions après un incident.
Pacta développe des ressources de sensibilisation et des outils informatiques dans cette perspective.
Assistance aux avocats et préparation des dossiers informatiques
Les avocats intervenant dans les affaires de cybercriminalité peuvent être confrontés à des documents techniques difficiles à interpréter sans connaissances informatiques spécialisées.
Les dossiers peuvent contenir des journaux de connexion, des fichiers récupérés, des messages électroniques, des captures d'écran ou des rapports de sécurité.
Comprendre les informations techniques d'un dossier
Un consultant informatique peut contribuer à expliquer la structure d'un fichier, les caractéristiques d'une application ou le fonctionnement d'un système.
Cette assistance peut faciliter la lecture de documents techniques et l'identification des informations nécessitant des vérifications complémentaires.
Préserver les documents sans modifier les originaux
Lorsqu'un dossier comporte des données susceptibles d'être examinées dans une procédure, les opérations de conservation doivent être organisées avec précaution.
Une méthode de classement peut distinguer les originaux, les copies de travail, les fichiers reconstruits et les documents produits ultérieurement.
Les opérations réalisées doivent être documentées afin de faciliter la compréhension du traitement des informations.
Détective privé et collecte de renseignements
Un détective privé, également appelé agent de recherches privées, peut intervenir dans des missions réglementées de recherche de renseignements pour le compte de tiers.
Lorsque de telles missions sont nécessaires, elles doivent être confiées directement à des professionnels disposant des autorisations appropriées.
L'utilisation de logiciels informatiques par un enquêteur privé ne transforme pas cette mission en simple prestation de maintenance ou de programmation.
Différence entre conseil technique et constat judiciaire
Un consultant peut réaliser des observations techniques et préparer une documentation sur les systèmes concernés.
Le commissaire de justice et l'expert judiciaire interviennent, pour leur part, dans des cadres professionnels et procéduraux distincts.
Le choix de l'intervenant dépend de la finalité du dossier et des exigences de la procédure.
Cas pratiques : quelles informations peut apporter une analyse informatique ?
Les situations suivantes illustrent les questions auxquelles une analyse informatique peut contribuer à répondre, sans garantir la récupération de toutes les données ou l'identification de l'auteur d'un incident.
Un document professionnel a disparu
Une entreprise découvre qu'un document de travail n'est plus présent dans son dossier habituel.
Les vérifications peuvent porter sur la corbeille, les sauvegardes, les historiques de versions et les répertoires de synchronisation.
L'objectif initial consiste à déterminer si le document peut être retrouvé et si des informations permettent de comprendre les circonstances de sa disparition.
Un fichier présente une date inattendue
Un utilisateur constate qu'un document affiche une date de création différente de celle qu'il attendait.
L'analyse peut examiner les métadonnées, les caractéristiques du système de fichiers et les éventuelles opérations de copie.
Une incohérence d'horodatage ne prouve pas automatiquement une falsification.
Un ordinateur semble avoir été utilisé à distance
Des fichiers inconnus, des sessions inhabituelles ou des modifications de configuration peuvent justifier des vérifications.
L'analyse peut porter sur les outils d'accès à distance, les applications installées, les journaux disponibles et les mécanismes d'authentification.
La présence d'un logiciel de prise en main à distance doit être examinée selon son usage et les autorisations accordées.
Un disque dur ne fonctionne plus
Un support de stockage présente des erreurs de lecture ou n'est plus reconnu par l'ordinateur.
La priorité consiste à éviter les manipulations susceptibles d'aggraver les dommages et à déterminer si une récupération logique ou physique est envisageable.
Lorsque la panne est mécanique, un laboratoire spécialisé peut être nécessaire.
Des éléments numériques doivent être présentés à un avocat
Des messages, des fichiers et des captures d'écran ont été conservés après un incident.
Une assistance documentaire peut permettre de classer les informations, de décrire leur provenance et de préciser les limites techniques de leur interprétation.
L'avocat peut ensuite apprécier les démarches juridiques appropriées à la situation.
Contacter Pacta pour une assistance en enquête informatique
Vous avez supprimé accidentellement des fichiers, découvert un document corrompu ou constaté un comportement inhabituel sur votre ordinateur ?
Vous souhaitez mieux comprendre les métadonnées, préserver certaines informations ou préparer une documentation technique après un incident ?
Alain Stevens propose, à travers Pacta Cyber Lab, des prestations de conseil en cybercriminalité, d'assistance informatique, de programmation, d'automatisation et de formation.
Comment présenter votre demande ?
Pour faciliter un premier examen du besoin, vous pouvez préciser la nature du problème, le système utilisé, les fichiers concernés et les opérations déjà réalisées.
Lorsque des données importantes ont disparu, il est préférable de limiter les manipulations du support en attendant de déterminer une méthode adaptée.
Évitez de transmettre spontanément des mots de passe, des clés privées de cryptomonnaies ou des documents confidentiels par courrier électronique.
Coordonnées de contact
Alain Stevens – Pacta
Téléphone : 06 12 55 19 80
Courriel : contact@pacta.com
Site internet : pacta.com
Depuis 1999, Alain Stevens développe des activités de recherche d'informations numériques et de conseil informatique. Pacta Cyber Lab s'inscrit dans cette expérience à travers la création d'outils, la sensibilisation et l'assistance technique.
Pacta Cyber Lab propose des services informatiques, des outils numériques, de la formation et du conseil en cybersécurité. Alain Stevens n'exerce plus comme détective privé. Pacta ne réalise pas d'enquêtes nominatives relevant de la profession d'agent de recherches privées. Les missions réglementées doivent être confiées directement à des professionnels autorisés, sous leur propre responsabilité. Les prestations de conseil et d'assistance informatique ne constituent pas automatiquement des expertises judiciaires.